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JASMINE ◈ الحياة هي صحراء حيث المرأة هي الجمال

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Ven 13 Mar - 14:29
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SHERWOOD + notre force par le nombre
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SHERWOOD + notre force par le nombre
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◈ ARRIVÉE AU PAYS : 27/03/2014
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« Jasmine ce n’est pas la facilité, une grâce enchanteresse qui cache les griffes de la lionne. Le franc parlé d’un homme accompagné des courbes séductrices d’une femme. Jasmine c’est ce plat épicé qui enflamme l’âme, intrigue ou échauffe les esprits. Jasmine c’est aussi ce regard flamboyant, qui lance des éclairs, des iris ambrés, profondes, qui a chaque coup d’œil semble regarder au plus profond de vous, vous mettant à nu. Jasmine elle a toujours ce sourire énigmatique, avenant et délicat qui laisse pantois ceux qui croisent sa route. Elle semble être dans un autre monde, loin du vôtre, vous étourdissant lorsqu'elle vous frôle, il faut dire qu’on l’a toujours habituée à être ainsi. A d’un simple regard, instaurer une distance, un mur invisible, avec les autres quand bien même cela ne serait pas son souhait. Jasmine, elle n’a pas grandit comme la plupart des petites filles de ce monde, non, elle a été surprotégée dès la naissance, entourée de milliers de personnes, de visages sans nom, qu’elle a vu se succéder tour à tour devant elle, ne pouvant jamais s’attacher aux gens à long terme. Elle a été aimée, respectée même par les adultes alors qu’elle ne savait à peine marcher. L’argent l’habillant et l’or étant son meilleur ami, elle ne connaît que l’opulence, l’exagération. Non, Jasmine n’est pas l’égale d’un pauvre paysan, qu’elle joue à la mendiante et elle serait reprise aussitôt par son entourage, car là n’est pas sa place. Elle, elle devait être la prochaine sultane. Cependant, n’allez pas croire que comme toutes les princesses elle s’avère être une gamine capricieuse et pourrie gâtée, loin d'elle toutes ces niaiseries ! Elle est simplement franche, déterminée, son caractère bien trempé pouvant en surprendre plus d’un ! Homme ou femme, peu importe, elle n’hésite pas à tenir tête lorsque cela lui semble justifié. Un fauve qui ne supporterait pas qu’on la mette en cage, ça jamais ! Elle s’y est toujours refusée. Le mariage étant synonyme pour elle d’entravement. Hors de question de se faire entretenir! Au sein d’un entourage très masculin, elle venait souvent chercher l’affection et la douceur d’une mère, alors qu’elle tentait de se faire une place auprès des hommes, de prouver qu’elle était toute aussi méritante que le sexe fort ! Fou serait celui qui voudrait la tenir à distance, l’emprisonner ! Elle n’obéit qu’à elle-même, elle est cet animal indomptable, que même ses proches ont bien du mal à suivre et à freiner, souvent dépassés par tant de détermination! Toutefois, emportée peut-elle s’avérer, passionnée aussi, mais des monarques a-t-elle hérité les manières et le phrasé. Elle sait manier les mots, garder son calme lorsque la situation l’impose, contourner habilement un obstacle, et séduire par de belles paroles ceux qu’elle soupçonne être dangereux, car la belle n'a pas seulement du caractère, elle a au même titre que ses ancêtres l'oeil du faucon, un instinct bien particulier et l'art de vous endormir pour obtenir ce qui lui tient à coeur. Ainsi, Jasmine c’est aussi ce magnétisme, cette ruse, un esprit hardi qui ne flanche devant rien et sait habilement où sont ses intérêts et où placer ses pions. Loin de la blonde princesse, elle n’a pas peur de s’engager, téméraire qu’elle est. Elle a d’Agrabah cette chaleur naturelle, ce tempérament de feu, cet exotisme qui la rend différente des autres et que l’on ne peut voir que si l’on vient à Saba. Elle est une fille du désert, empreinte des mille et une traditions de son pays. Ces contrées arides qu’elle a apprit à dompter depuis son enfance, jouant les pieds dans le sable chaud, se laissant glisser le long d’une dune, supportant des chaleurs étouffantes et des tempêtes de sable sauvages. Elle est un joyau à l’état brut, une rose des sables, belle et forte. »

SURNOM ⊰ Elle est la Rose des sables, l'enfant du pays, la princesse d'Agrabah, Sheikha prononcent-ils dans un murmure suivi d'une noble révérence. Son père fut le seul néanmoins à la nommer chaudement "son joyau". Ils sont peu en réalité à l'appeler naturellement Jasmine, en dehors de Jafar et sa douce nièce Shéhérazade, adoptant devant leur Sultane mille et une manières, le respect nécessaire, elle est pour tous rien de plus que "Son Altesse", la familiarité d'un surnom étant à proscrire.
AGE ⊰ Les dunes lui apparaissent à chaque matin comme depuis vingt-neuf années, le sablier a beau s'écouler elle continue de jouir allègrement des plaisirs de la vie dans sa tour d'or, régnant sur le désert d'Orient d'une main de fer, elle observe le monde se métamorphoser de ses prunelles ambrées, du haut de sa condition, cloisonnée dans son palais.
NAISSANCE ⊰ 18 novembre 1985. La belle naquit sur la terre ancestrale des sultans, au terme d'un long automne, mettant fin à l'impatience de toute une Cour. Enfant de bonne consistance, terriblement attendue, jolie princesse, seule fille d'une grande Sultane, elle s'avère être née sous le signe du scorpion, cachant sous des airs angéliques un dard venimeux, reflet de son caractère si racé.
PAYS ⊰ Agrabah, ce pays au sable fin dominé par l'astre solaire à son zénith. Contrée désertique aux saveurs d'Orient, aux couleurs vives et au charme atypique. Terre des génies à la magie prodigieuse, des tapis volants, des légendes et des mystères. Un royaume régit par les us et coutumes, par les chants arabes, les aléas des tempêtes de sable. Agrabah est tout pour Jasmine et elle est tout à elle. Née ici, elle y vit, y laissera sûrement son dernier souffle.
MÉTIER ⊰ Le sang royal coule dans ses veines. L'or, le palais, elle possède Agrabah, mais bien plus que cela elle en est la Sultane. Héritière des générations de sultans qui se sont succédées, elle commande aux armées, suppléé par son Grand-Vizir Jafar. Comme un horloger, Jasmine fait tourner les engrenages de ce monstre économique, créant de nouvelles aides, écoutant attentivement les craintes et rêves de son peuple, et les rassurant autant que possible. Une souveraine attentionnée, active, accordant ses faveurs à ceux dans le besoin, elle est la protectrice de cet immense désert de sable.
MILIEU SOCIAL ⊰ Il y a quelques années la belle sultane ouvrit les yeux dans ce palais surnommé "Alhambra" : celle aux murs rougissant au soleil couchant. Elle est née derrière la kasbah, protégée et prisonnière de ces hauts remparts sablés. Jasmine vit dans l'inaccessible, là où personne ne peut entrer sans autorisation, dans cette forteresse scrutée depuis les quartiers marchands. On l'a habituée à côtoyer pierres précieuses, étoffes faites mains et domestiques. Son train de vie bien plus qu'aisé nourrit l'envie, elle marche sur de l'or. Et de l'or elle en possède! Tellement, que les idées lui manquent pour le dépenser. Aussi elle investit dans son pays, dans de nouvelles infrastructures, de nouvelles idées, afin de hisser Agrabah au sommet.
BLOODWEN
one can't reign and be innocent
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Jeu 2 Juil - 16:45
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ô nuits d'arabie
CARACTÈRE ⊰ Astucieuse, apprend et mémorise vite, a son petit caractère, un brin autoritaire, aventureuse, audacieuse, bienveillante, bonne actrice, calculatrice, captivante, charmeuse, créative, cultivée, curieuse, débrouillarde, dévouée à son peuple, douce, emportée parfois, étonnante, expressive, féministe, fiable, fière, fine, généreuse, gracieuse, impulsive, incroyablement têtue, indomptable, ingénieuse, intelligente, juste, lucide, loyale en amitié, ouverte d’esprit, maligne, manipulatrice s’il le faut, modeste bien qu’elle aime dépenser, patiente, perfectionniste, perspicace, persévérante, pimentée, piquante, prudente, raffinée, reconnaissante, rusée, sanguine, sauvage, sournoise, spontanée, sportive, tenace, vive.

PARTICULARITÉ ⊰ Outre le fait exceptionnel d'être certainement la souveraine la plus riche des Terres Enchantées, on la reconnaîtrait facilement dans une foule à son teint doré, typique des dunes du sud, et à cet accent chantant du pays levant. Jasmine est l'exotisme incarné, souvent vêtue d'étoffes turquoises, sa couleur préférée, elle détonne avec les autres reines.

FORCE ⊰ Toute sa force réside dans son entêtement, son acharnement, car lorsque la princesse du désert a quelque chose en tête il est bien difficile, voire impossible, de la faire changer d'avis au risque de s'attirer ses foudres. Il ne fait aucun doute qu'elle soit la véritable fille du feu sultan au vue de son caractère bien trempé, de cette hargne, qu'elle a hérité de son géniteur et qui ont fait d'elle quelqu'un d'énergique, un leader qui sait mener sa barque, prendre ses propres décisions, une femme forte et indépendante.

FAIBLESSE ⊰ Le fou qui oserait toucher à sa famille en subirait les pires barbaries possible! Traîné par un cheval au galop autour des remparts de Saba, amputé des deux mains, bien que peu encline à de telles monstruosité, le châtiment devra néanmoins rembourser bien plus que le crime commis. En effet, pour Jasmine, les liens fraternels sont les plus précieux, tout acte commis envers la famille royale serait à la hauteur d'une déclaration de guerre. Sa famille et ses terres sont ses joyaux, nulle doute qu'elle se battrait comme une lionne pour les défendre. Et si Agrabah venait à s'effondrer, elle en serait dévastée.

LIEU FAVORI ⊰ Bien que Jasmine aime son palais aux mille et une dorures, cet immense ouvrage de marbre blanc et d'or, elle y passe bien trop de temps pour le voir comme son lieu favori, s'y sentant parfois plus prisonnière que maîtresse de maison. D'un esprit curieux, elle préfère nettement l'exotisme des souks dont les étalages bien fournis et colorés illuminent son regard dans lesquels elle n'a que peu souvent l'habitude de se promener, devoirs de souveraine obligent.

EXPRESSION FÉTICHE ⊰ « Bienvenue en terres du soleil, Saba est votre maison », cette phrase, reflet d'une hospitalité commune aux orientaux, revient souvent dans la bouche de la princesse, prononcée entre un fin sourire qui ravit souvent plus d'un convive, elle marque aussi l'attachement d'une monarque à ses terres si prestigieuses, Agrabah étant toute sa fierté, son âme.
Pour vendre, dis du bien ; pour acheter, dis du mal. ✝


« Jafaaar ? » roucoulait chaudement la princesse, un sourcil arqué, le regard plein de malice.
« Qu'y a-t-il Jasmine ? »

Le jeune garçon ne prenait même pas la peine de détourner le regard vers sa cadette. Le nez plongé dans ses livres, déterminé à venir à bout de ce problème mathématique, il semblait si solitaire. Jasmine ne pouvait le supporter, cet acharnement. Il se tuait à la tâche nuit et jour depuis qu'il avait fait le voeux auprès du Sultan de devenir Grand Calife. C'en était trop. Il n'avait pas besoin de cela. Pas lui.

« Jafar… » continuait Jasmine, la voix plus inquiète. « Si tu t’abrutis trop tu risques d’en perdre la raison… tu n’as pas besoin de faire tout cela pour père, tu sais. »

Brusque grincement de chaise, le jeune enfant au teint mat et aux cheveux d’ébène qu’était Jafar s’était retourné, la ride du lion creusée entre ses sourcils.

« Je ne le fais pas pour père. Je sais qu’à ses yeux comme à ceux de tout le monde dans ce pays, je ne suis que le bâtard. Si je fais ça, c’est pour toi. Pour ne pas finir emporté dans la foule comme un inconnu lorsque l’on posera la couronne sur ton front. Je ne veux simplement pas que l’on finisse dans deux mondes différents. »

Il baissait la voix sur la fin de sa réponse entraînant à la suite entre les deux frères et sœurs un silence pesant, tout deux l’esprit envahi de questions pour adultes dont ils n’auraient pas dû se soucier à leur jeune âge. Tapie sur le lit de Jafar, son petit corps calé entre plusieurs coussins de soie, Jasmine observait son frère continuer d’écrire comme si le temps lui pressait. Même s'ils n'étaient pas tout à fait du même sang, celui de Jafar étant croisé avec celui d'une courtisane, elle ne pouvait le voir autrement que comme son frère. Dans sa tête ils étaient presque similaires. Et si elle supportait sans rien dire les cours particuliers, les devoirs harassants, les entraînements sportifs et intellectuels, elle ne voulait pas voir son frère subir le même sort. Aussi, elle ne put s’empêcher de répondre, l’effacement n’étant pas dans ses habitudes.

« Tu sais Jafar, pour moi, tu n’es pas un bâtard. Même si père semble en être convaincu, tu restes son fils et mon frère. »

Jasmine avait beau être jeune, elle savait qu'en prononçant ces paroles elle risquait une vive correction de son paternel. Il était interdit de présenter Jafar comme son fils légitime, il ne devait être qu'un enfant qui déambulait dans les couloirs du palais car il aurait été mal venu dans une famille de sang noble qu'un fils illégitime ait autant d'égards qu'un enfant issu du couple royal. 'Un monde emprisonné dans les convenances' pensait Jasmine... La jeune fille ne pouvait voir le visage de son frère le dos tourné, mais elle le savait, du moins elle le soupçonnait, avoir souri.  


Le soleil se levait sur Saba. L'air se réchauffait déjà, bientôt il faudrait abaisser les voiles devant les grands arcs persans pour ne pas étouffer et marcher sur un sol de braise. Bientôt Jasmine allait visiter le souk en centre-ville pour la première fois. Et déjà, on venait toquer à la porte de la chambre pour venir la chercher. Descendant aussi habilement qu'un chat du lit de son demi-frère, la petite princesse s'avançait vers ce dernier avant de se diriger vers la porte.

« Je vais voir les merveilles du souk ce matin! Je te rapporterais quelque chose pour te changer de la morosité de tes livres, je te le promets. »

La Sultane était entrée, et guidait de la main Jasmine dans le couloir, cherchant maladroitement à séparer sa fille et le rejeton de son mari l'un de l'autre, elle qui n'appréciait pas qu'ils se côtoient de trop.

« C'est bien, tu as dit en revoir à Jafar, maintenant viens te préparer. Laisse donc ce garçon réviser. »

La porte en bois se refermait lourdement sur les pas des femmes dans un raisonnement sourd. La main dans celle de sa mère, Jasmine était conduite à ses appartements où elle allait être coiffée et apprêtée. Là où Jafar se trompait, c'est qu'il y avait d'ores et déjà bel et bien un fossé entre eux, deux mondes divergents.

--- ◈ ---

Le son clair de quelques grelots agités au pied d’une femme dans la foule, des cris commerçants, un moteur au ronronnement bruyant comme le tonnerre, des rues agitées, chaotiques, à la circulation délurée, voilà qu’un jeune cycliste manquait de renverser l’étalage coloré d’épices de ce vieux marchand ! Saba était plus que vivante, elle ne cessait de bouger frénétiquement, tous les gestes se mélangeant, les visages se perdant dans la foule entre deux draps suspendus chez le marchand de tapis. On trouvait au souk de Saba tout et n’importe quoi, mille et une choses inimaginables, il suffisait de pénétrer dans l’un des négoces et votre souffle était coupé, votre œil captivé par tant de beauté. Tout était couleur et grandeur ici. Il n’y avait qu’au souk de Saba où vous pouviez voir de si grandes montagnes d’épices telles que le safran rouge, le curcuma doré, la paprika ou encore l’ajowan. Tout était offert aux yeux.

Attirée par cette immense peinture, par les teintes ensoleillées des épices, la jeune princesse tendit sa main vers l’un des sacs. Hésitant l’espace d’une seconde à toucher la poudre, elle l’effleura délicatement avant d’y plonger la main. Jasmine n’avait que sept ans, et c’était là sa première sortie parmi la foule, n’ayant eu que peu souvent l’occasion de sortir du palais. Ses parents avaient trop peur qu’il puisse arriver quelque chose à leur rose si elle descendait de sa tour d’ivoire. Pourtant Jasmine était déjà très curieuse et cette sortie ne cessait d’éveiller ses sens, de les interpeller. Elle ne savait par où commencer, que voir en premier, il y avait trop de choses, le surplus continuel du souk l’impressionnait, l’effrayait autant qu’il l’émerveillait. Et alors que son père s’était arrêté dans son dos et l’observait par-dessus son épaule, elle portait son nez au-dessus de l’échantillon de poudre rouge qu’elle avait prélevé, souriant au marchand en sentant le parfum remplir ses poumons.

« Est-ce du safran ? »

L’homme âgé lui répondit par un signe de tête prononcé, les lèvres étirées d’un sourire par la simple présence de la princesse près de son étalage et de sa fraîcheur enfantine. Elle était pour les passants la curiosité de la journée. Personne ne l’avait encore vue de vis-à-vis, le peuple n’ayant eu pour se satisfaire que les photos que le couple royal avait bien voulu publier dans la presse, et la brève vision du bébé qu’elle était montrée à sa naissance au balcon de la chambre de sa mère, la Sultane. Ils tentaient tous de l’approcher, de la toucher, d’effleurer ses cheveux ou ses vêtements, comme s’ils tentaient absolument d’emporter avec eu un morceau d’elle.
A Agrabah les coutumes étaient bien ancrées. La famille royale était très respectée, mais elle devait elle aussi respecter son peuple et s’en montrer proche. Ce pourquoi ils n’utilisaient pas aujourd’hui de transport spécial, préférant déambuler à pieds dans les détours du souk, entourés d’ici et de là de leurs gardes du corps. Ils n’avaient franchement rien de la famille normale, mais ils n’en semblaient pas préoccupés, ils continuaient leur découverte, faisant abstraction l’espace d’un instant qu’ils étaient suivis, épiés, ils profitaient des beautés qu’offrait leur pays. Le Sultan était fier de faire connaître à sa fille quelques curiosités de Saba. Mais cette dernière était déjà partie un peu plus loin, ne se souciant pas du reste. Elle allait où son instinct la portait, l’esprit libre.

Elle s’arrêtait alors au sifflement d’un serpent, l’esprit envoûté par les prouesses de cet homme à la peau brûlée tenant entre ses doigts un pungi étrange. Celui qui avait comme hypnotisé l’animal qui se contorsionnait face à lui depuis un petit panier d'osier, la langue menaçante, les yeux percés de deux fenêtres verticales, sa crête déployée majestueusement. Les cobras étaient sans doute les animaux les plus dangereux d’Agrabah, après les scorpions qui pouvaient se terrer sous le sable, mais Jasmine n’en avait nullement peur. Les habitants du désert étaient eux-mêmes des cobras au venin mortel, il ne fallait pas avoir peur de ses semblables comme lui avait souvent dit son père. On disait à travers les contrées enchantées qu’un Sabien avait pour lui l’œil du faucon, le venin du serpent et la robustesse du chameau. Aussi, la princesse s’avançait vers le charmeur de serpents, l’étonnant de sa présence, lui qui n’était vêtu que d’une large chemise, salie par endroits, et d'un turban enroulé autour de son crâne, alors que la jeune fille endossait une belle robe richement brodée d’or, et serpentait dans ses cheveux de fins bijoux de tête qui venaient retomber sur son front en une goutte large de jade. Il ne cessait d’agiter ses doigts sur les trous de la flûte et le serpent dansait. Rejointe par ses parents, Jasmine vit son père donner deux pièces au charmeur, gage qu’il avait bien diverti sa fille et qu’il s’en voyait remercié et dit en se retournant, d’un ton posé :

« Il faut donner une datte aux pauvres afin d’en goûter la vraie valeur, Jasmine, tu apprendras cela. »

La princesse lui souriait, ayant à l’époque plus ou moins compris le sens de ce proverbe et la notion de charité. Elle poursuivait ses découvertes, l'oeil vif. Deux gardes se tenaient près d'elle et avaient bien du mal à la suivre dans les recoins où elle se faufilait comme un chat. Jasmine n'avait nullement envie de leur rendre la tâche aisée, elle voulait visiter seule. Jeune fille oblige, elle ne put passer à côté d'un marchand de bijoux, s'animant de voir tant d'or couler en cascade des étalages.

C'est un peu plus loin, alors qu'elle s'amusait avec la flamme d'une lanterne suspendue, que son père arriva à son niveau, le visage fermé. Le Sultan lui tendit la main. Le jeu était fini, retour dans sa cage à oiseau.

« Votre Altesse, les prochains quartiers n'ont pas bonne réputation, il vaudrait mieux ramener la princesse au Palais. » décréta l'un des gardes.

Signe de tête ennuyé du Sultan. Pour Jasmine c'était comme si le rideau se rabattait sur ses pas, spectacle terminé. La princesse fronçait les sourcils. A Saba il n'y avait pas de quartiers malfamés, les Sabiens n'étaient pas des sauvages. Il existait seulement des quartiers défavorisés, où l'on craignait d'être rackettés! Aussi lançait-elle un dernier regard vers ces rues inexplorées et passait à côté de la main de son paternel sans la serrer. Elle se fichait bien d'être dépouillée si cela pouvait apaiser la faim pour quelques jours de ces pauvres gens! Dans l'idéal, elle aurait voulu que personne ne souffre à Agrabah. Que la terre de ses ancêtres soit la plus prospère, la plus riche, le synonyme de la réussite.

--- ◈ ---

A peine rentrée du souk, et déjà Jasmine courait dans le palais à la recherche de son demi-frère. La porte de sa chambre était restée fermée, aussi l'ouvrait-elle délicatement, sans un bruit pour lui faire la surprise de son retour et lui conter ses aventures. Mais une fois à l'intérieur c'est un adolescent endormi sur son bureau qu'elle avait trouvé. Une angoisse qui souleva le coeur de la jeune fille. Elle espérait qu'il réussirait, au prix de tous les efforts et sacrifices qu'il faisait.

Sans vouloir le réveiller, elle déposa alors silencieusement près de la tête de Jafar le présent qu'elle avait reçue au souk, à l'insu de ses parents. Un pungi. Celui du charmeur de serpents, qui était venu lui remettre alors que le Sultan et la Sultane étaient en pleine discussion avec un marchand. Un objet qui fascinait Jasmine car il exerçait une emprise sur les reptiles. Mais qu'elle ne pouvait garder pour elle sachant à quel point son frère était fasciné par les cobras. Elle savait qu'il lui revenait plus qu'à elle-même.
Et c'est en repartant à reculons, qu'elle le laissa profiter de quelques minutes de paix, entre deux dissertations.
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Jeu 2 Juil - 16:45
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mille et une folies
Ecris les choses néfastes qu'on t'a fait subir dans le sable, mais grave les bonnes dans le marbre. ✝


UC....

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U.C....
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insomnies d'amour plus chaudes à minuit
LA FEMME SAGE EST CELLE QUI A BEAUCOUP À DIRE, MAIS QUI GARDE LE SILENCE.  ✝


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qu'au soleil en plein jour
Chercher à se justifier quand on n'est pas coupable, c'est s'accuser. ✝


A MODIFIER
Un halo doucereux éclairait chaudement les couloirs sans fin du grand palais de Saba. Les rayons de l’astre solaire perçaient déjà entre les voilages des fenêtres, inondant la chambre royale d’éclats orangés, chauds, ondulant sur les murs sablés et se reflétant en des milliers de cristaux sur les mosaïques d’arabesques turquoises. Un levé de soleil sans commune mesure, propre aux plaines sableuses du sud, au caractère si racé d’Agrabah. Ici le soleil était Roi, et jamais il ne faillait. Il embrassait les collines arides et brûlait la peau basanée de ces habitants et de leur princesse, laquelle ne pouvait se lasser d’un tel spectacle, fière de ses origines, de son royaume, de ses sujets et revendiquant comme une lionne les valeurs de son peuple. Le joyau de ce désert, la prunelle de son père, la fille d’Agrabah. Ce pays était tout pour elle, et elle était toute à lui. Douce, chaleureuse, aimée, mais ferme et fière. Elle avait la fraîcheur et les épines de la rose, l’œil vif du faucon, une main de fer dans un gant de velours. Mais elle était juste et clémente et c’est hélas ce qu’il manquait, selon elle, à son cher demi-frère Jafar. Aussi la princesse poussa un soupir las, éreintée de devoir toujours mener un bras de fer avec ce demi-frère si fourbe dont elle ne soutenait presque plus la présence, refusant que son air putride de mauvais agissements vienne polluer le sien. Jasmine avait beau être une femme dans ce royaume aux mentalités presque misogynes, elle n’en restait pas moins princesse, et comptait, à ce titre, jouir de son indépendance et prendre des décisions sans avoir à consulter les hommes. Elle était un esprit libre, futé, aiguisé, dangereux pour celui qui partageait le pouvoir à ses côtés. Les mains jointes, délicatement posées sur le rebord du balcon, elle dominait ce royaume, le sien, d’un regard bienveillant, curieux, énigmatique, mélancolique alors qu’elle entendait raisonner quatre coups contre la porte de sa chambre. Quatre coups ne pouvant désigner que ce cher demi-frère, lui qui était le seul à se présenter à ses appartements de cette manière, de sorte qu’elle le reconnaisse car même pour une princesse – et qui plus est une princesse aimée de ses sujets – il était toujours plus prudent de savoir à qui l’on ouvrait une porte, un sabre pouvant se cacher partout, et dans un sifflement trancher une jugulaire. Jasmine, riche de l’enseignement procuré dans son enfance, savait pertinemment que la vie d’un suzerain était particulièrement dangereuse et enviée, et elle n’avait que peu confiance en ses gardes les ayant souvent bernés étant enfant pour s’enfuir hors de l’enceinte du palais. « Que me vaut le plaisir, Jafar ? » La princesse s’était retournée avec cette attitude féline caractéristique des gens de sa famille, cette aisance si particulière. Elle faisait bonne figure, scrutant le sultan et n’ayant crainte de croiser son regard qu’elle soutiendrait. « Tu es bien matinale, petite sœur. » Une réflexion à laquelle l’intéressée n’accorda aucune importance, son attention bien trop attirée vers la raison de cette visite surprise. Jasmine n’aimait pas qu’on tourne autour du pot, il fallait être franc, autant qu’elle pouvait l’être, aussi observait-elle curieusement et avec une pointe d’agacement bien dissimulée son demi-frère prendre ses aises dans sa chambre. « Penses-tu prendre le thé avec moi ? » lui dit-elle. Une pique lancée adroitement pour dépêcher son Grand Vizir, une pique visiblement contrariante pour ce dernier qui répliqua d’un revers de la main par un rapide, mais ferme : « Non merci. » Une femme n’ayant pas à jouer au plus malin avec un homme. Ainsi, l’un et l’autre se toisaient avant que Jafar ne fasse le premier pas pour rejoindre sa cadette sur le balcon en prenant au passage une grande bouffé d’air. « Nous avons une réception ce soir… » « En quelle honneur ? Et par qui est-elle organisée ? » Jasmine n’était décidément pas une potiche, on ne pouvait faire ce que l’on voulait sous son toit et oser la prévenir au dernier moment, elle ne se laissait néanmoins pas surprendre connaissant la perfidie de son aîné qui se croyait bien trop souvent seul maître à bord. « En l’honneur de ton mariage, Jasmine. Père étant mort je suis le seul homme à pouvoir organiser cette paperasse administrative. Et il va falloir que tu te maries chère sœur, une princesse ne peut décemment vivre éternellement seule sans l’appui d’un mari. » « Mon cher Jafar, les temps ont changé, je pense être capable de me trouver un mari sans tes bons soins et ne pas faire office de morceau de viande que l’on vend pour affaire, je n’ai pas besoin d’entremetteur, et tu peux attendre ce que tu voudras de cette soirée, je crains qu’elle soit un échec. Maintenant, si tu le permets, j’aimerais pouvoir prendre mon déjeuner et ensuite me préparer décemment. » Le sourire en coin, le Grand Vizir quitta alors la pièce, sous le regard profond et courroucé de sa sœur. La partie n’était pas finie, entre eux elle venait de commencer, ce n’était tout au plus qu’une nouvelle bataille, une nouvelle joute à ajouter à la liste déjà bien longue de leurs malentendus. Et alors que le soleil rendait vie à la cité bouillonnante d’Agrabah, les esprits s’enjouant à l’approche de cette nouvelle journée, les cœurs s’échauffaient en ce désert, la passion et les conflits d’intérêt brûlaient au sein du palais.
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